Image d'illustration, desserte de l'aéroport Toulon-Hyères

Pourquoi n’y a-t-il toujours pas de train jusqu’à l’aéroport Toulon-Hyères ?

Relier directement l’aéroport au réseau ferroviaire constitue une demande ancienne du territoire.

Pourtant, l’aéroport Toulon-Hyères ne dispose toujours pas d’une desserte ferroviaire directe. Cette situation peut surprendre. En effet, une ancienne voie ferrée passe à proximité immédiate de l’aéroport. Surtout, plusieurs études techniques ont déjà examiné la possibilité de rétablir cette liaison.

Le projet ne part donc pas de zéro. Aujourd’hui, une question centrale demeure : quand les décideurs politiques choisiront-ils de faire avancer ce dossier ?

Pourquoi l’aéroport s’appelle-t-il Toulon-Hyères ?

Un point mérite d’abord d’être clairement précisé. Il s’agit de l’aéroport de Toulon. Il porte le nom Toulon-Hyères parce qu’il se trouve sur le territoire de la commune de Hyères. L’aéroport se situe à environ 23 kilomètres à l’est de Toulon. Il occupe ainsi une position stratégique dans le bassin de mobilité métropolitain.

Cette situation explique également l’importance d’une liaison performante avec Toulon. L’enjeu dépasse donc la seule commune de Hyères. La desserte concerne les habitants, professionnels et voyageurs de toute l’aire toulonnaise. Elle intéresse également les voyageurs venant de territoires situés au-delà de Toulon.

Une voie ferrée existe-t-elle réellement jusqu’à proximité de l’aéroport ?

Oui !

L’histoire ferroviaire du secteur est ancienne. La ligne Toulon–Hyères remonte à la fin du XIXe siècle. Ensuite, le chemin de fer poursuivait son parcours vers Hyères-Plage et les Salins. La voie passait à proximité de l’actuel aéroport Toulon-Hyères. Une partie importante de cette ancienne emprise ferroviaire existe encore.

Le rapport technique localise précisément le tracé entre Hyères et l’entrée de l’aéroport. Il identifie également les ouvrages ferroviaires présents sur cette section. Nous ne parlons donc pas d’un corridor entièrement nouveau. Le projet repose sur une infrastructure ferroviaire historique déjà identifiée.

Quand la desserte ferroviaire de l’aéroport a-t-elle été étudiée ?

La réflexion officielle remonte à plusieurs décennies. Le contrat de plan État-Région 2000-2006 prévoyait déjà une étude sur cette desserte. L’objectif consistait à prolonger la ligne de Hyères vers l’aéroport.

Puis, SYSTRA a réalisé une étude de faisabilité technique en 2006. Le rapport technique cite précisément l’édition du 12 mai 2006. Cette date constitue un repère essentiel. L’étude ferroviaire ne date donc pas de 2011. L’année 2011 correspond à une autre étape du dossier.

Que s’est-il passé en 2011 ?

Des travaux ferroviaires importants ont eu lieu en 2011. Cependant, ils se sont arrêtés à la liaison La Pauline–Hyères.

La prolongation vers l’aéroport n’a pas suivi. Ainsi, la section comprise entre Hyères et l’aéroport est restée sans desserte régulière. AHTF

Cette décision explique en partie la situation actuelle. Le réseau ferroviaire dessert Hyères, mais il ne poursuit pas son trajet jusqu’à l’aéroport.

Pour l’AHTF, cette interruption mérite aujourd’hui un nouvel examen.

Pourquoi un diagnostic complémentaire a-t-il eu lieu en 2014 ?

Après l’étude SYSTRA, les investigations techniques ont continué. En avril 2014, un diagnostic a examiné la section située entre Hyères et l’aéroport. L’étude concernait principalement neuf ponts sous-rails. Elle devait vérifier leur état général et leur capacité portante.

Les experts ont donc étudié des éléments très concrets de l’infrastructure. Ils ont notamment examiné les tabliers, les appuis et certains équipements ferroviaires. Le diagnostic constatait alors un vieillissement important de plusieurs ouvrages. En revanche, les culées en maçonnerie présentaient majoritairement un bon état général. Le rapport préconisait également des interventions lourdes sur plusieurs tabliers.

Ces éléments montrent qu’une réouverture nécessiterait une remise à niveau technique.

Que montre la chronologie du projet ?

La chronologie permet de mieux comprendre le dossier.

2006 : une véritable étude de faisabilité : SYSTRA examine techniquement la desserte ferroviaire de l’aéroport. L’étude porte sur le prolongement de la ligne existante.

2011 : les travaux s’arrêtent à Hyères : La modernisation concerne La Pauline et Hyères. Cependant, le chantier ne se poursuit pas jusqu’à l’aéroport. AHTF

2014 : les ouvrages sont examinés : Un diagnostic complémentaire étudie neuf ponts jusqu’à l’entrée de l’aéroport. L’objectif consiste à évaluer leur état et leur capacité.

2019 : le dossier revient devant les élus : Un document spécifique présente de nouveau la liaison Hyères–Aéroport. Il s’adresse directement aux décideurs locaux. Ce document défend le train face à une solution uniquement routière. AHTF

Aujourd’hui : la décision politique reste attendue

Les études et diagnostics fournissent déjà une base technique importante. Cependant, leur ancienneté impose désormais une actualisation. Il faut notamment réévaluer les infrastructures, les travaux nécessaires et les coûts. Ensuite, les collectivités devront arrêter un financement.

Mais cette démarche ne commencera réellement qu’avec une volonté politique clairement affirmée.

Pourquoi l’absence de rupture de charge est-elle si importante ?

C’est l’un des arguments essentiels en faveur d’une liaison ferroviaire. Un voyageur souhaite avant tout rejoindre sa destination simplement. Chaque changement de transport complique son parcours. Cette contrainte devient encore plus forte lorsqu’il transporte des bagages. Elle pénalise également les familles, les personnes âgées et les voyageurs peu familiers du territoire. Pour les personnes à mobilité réduite, l’enjeu devient encore plus important.

L’objectif défendu par l’AHTF consiste donc à proposer une continuité ferroviaire jusqu’à l’aéroport.

Le voyageur pourrait ainsi rester dans la chaîne ferroviaire jusqu’à sa destination. Il éviterait un changement imposé entre le train et un bus.

L’absence de rupture de charge constitue donc un avantage majeur du projet ferroviaire.

Quel intérêt pour les voyageurs venant de Toulon ?

L’aéroport dessert d’abord le bassin toulonnais. Une liaison ferroviaire directe renforcerait donc naturellement son accessibilité depuis Toulon. Elle pourrait également profiter aux voyageurs arrivant depuis d’autres gares.

La future Navette Toulonnaise donne aujourd’hui une nouvelle dimension à cette réflexion. Elle doit renforcer fortement les fréquences ferroviaires autour de Toulon. Prolonger cette logique jusqu’à l’aéroport créerait une continuité beaucoup plus cohérente. Un voyageur pourrait rejoindre Toulon, Hyères puis l’aéroport dans une même logique ferroviaire.

Selon le schéma d’exploitation retenu, cette continuité pourrait même dépasser le seul bassin toulonnais.

Pourquoi la Navette Toulonnaise change-t-elle la perspective ?

La Navette Toulonnaise doit offrir davantage de trains sur l’axe métropolitain. Elle prévoit notamment un service renforcé jusqu’à La Pauline. Hyères doit également profiter d’une fréquence supérieure. Dans ce contexte, arrêter la réflexion à quelques kilomètres de l’aéroport pose une question stratégique. L’aéroport constitue un équipement majeur de la métropole. Par conséquent, son raccordement ferroviaire mérite une analyse à l’échelle du réseau complet.

L’AHTF défend donc une vision simple.

La Navette Toulonnaise doit pouvoir s’inscrire dans une chaîne de mobilité allant jusqu’à l’aéroport de Toulon.

Train ou bus : quelle différence pour le voyageur ?

Une desserte par bus peut améliorer rapidement les relations locales. Elle présente donc une utilité dans l’organisation actuelle. Cependant, le ferroviaire répond à une logique différente. Le train permet d’intégrer directement l’aéroport au réseau régional. Surtout, il peut éviter une rupture de charge supplémentaire. Un voyageur venant de Toulon n’aurait plus nécessairement à quitter le système ferroviaire. Le même principe bénéficierait aux voyageurs venant de plus loin. Pour cette raison, la comparaison ne doit pas porter uniquement sur le coût initial. Elle doit également considérer la continuité du déplacement. La capacité, l’accessibilité et la fiabilité méritent aussi une analyse complète.

Faut-il recommencer toutes les études ?

Le dossier technique ne part pas d’une page blanche. SYSTRA a déjà étudié la faisabilité ferroviaire. Ensuite, le diagnostic de 2014 a analysé plusieurs ouvrages. Enfin, le document de 2019 a remis le projet dans le débat politique. AHTF

Cependant, ces documents ont désormais plusieurs années. Une actualisation technique reste donc indispensable. Les experts devront aussi réévaluer précisément les coûts.

Cette démarche permettra ensuite aux décideurs de comparer les solutions sur des bases actuelles.

Où en sommes-nous réellement aujourd’hui ?

Le débat ne se situe plus au stade d’une simple idée associative. Une infrastructure existe. Des études existent également. Plusieurs diagnostics techniques ont déjà documenté le projet. En revanche, aucune décision n’engage aujourd’hui sa réalisation. C’est désormais le point central du dossier.

L’AHTF attend une décision politique permettant de relancer concrètement la liaison ferroviaire vers l’aéroport.

Cette décision ouvrirait ensuite la phase d’actualisation, de financement et de programmation. Sans impulsion politique, le dossier restera au stade des études.

Pourquoi cette décision concerne-t-elle tout le bassin toulonnais ?

L’aéroport ne dessert pas uniquement Hyères. Il constitue l’aéroport de Toulon, implanté sur la commune de Hyères. Son accessibilité concerne donc toute la métropole et bien au-delà. Une connexion ferroviaire renforcerait son intégration au réseau de transports. Elle donnerait également davantage de cohérence à la Navette Toulonnaise. Par ailleurs, elle proposerait une alternative supplémentaire à la voiture. Enfin, elle améliorerait fortement la continuité des déplacements.

Une décision politique pour passer des études à l’action

Depuis 2006, le projet a fait l’objet de plusieurs travaux techniques. La question de sa faisabilité a donc déjà été sérieusement examinée. Aujourd’hui, ces données doivent naturellement être actualisées. Mais l’étape décisive ne relève plus seulement des techniciens. Elle appartient désormais aux décideurs publics.

Souhaitons-nous relier l’aéroport de Toulon au réseau ferroviaire, sans rupture de charge ?

Pour l’AHTF, cette question mérite désormais une réponse claire. L’association demande donc que les collectivités remettent ce projet à l’ordre du jour. Ensuite, elles pourront actualiser les études, préciser les coûts et organiser le financement. La future Navette Toulonnaise crée une occasion nouvelle.

Il appartient maintenant aux responsables politiques de décider s’ils souhaitent la saisir.

À retenir

2006 : SYSTRA réalise l’étude de faisabilité technique.
2011 : les travaux ferroviaires s’arrêtent à Hyères.
2014 : un diagnostic examine neuf ponts jusqu’à l’aéroport.
2019 : le projet revient devant les élus.


Aujourd’hui : l’AHTF attend une décision politique pour passer à l’étape suivante.

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